Gavan McCormack : "Conservatism" and "Nationalism". The Japan Puzzle

Probes the Japanese political scene, at Japan Focus (22.06.2008) :

Japanese politics are characterized by two related paradoxes: first, that the word “conservative” is usually applied to those who insist on the need to remake Japan’s postwar society, including its constitution, and who in other words are actually radicals, while those who insist on “conserving” Japan’s postwar democratic institutions are labeled radicals or leftists; and second, that those who most insist that Japan subordinate itself to the United States describe themselves as “nationalists,” while those who seek to prioritize Japanese over US interests are suspected of being somehow “un-Japanese.” It is an Alice in Wonderland confusion!

The thrust of the “reforms” undertaken by the Koizumi and Abe governments between 2001 and 2007 was to bring Japan closer in line with the United States in both security and economic terms. On the former, in 2003 Japan’s armed forces were for the first time sent to a theatre of conflict at US behest and “conservatives” since then have attached the highest priority to trying to ensure that in future Japan could do more by joining the United States in collective security actions (read: wars) as an East Asian Great Britain. On the latter, the same “conservatives” have been intent on “liberalizing” the Japanese economy by the removal of remaining obstacles to the penetration of US and international capital. Currently, Japanese politics are in a state of frozen immobility, the Fukuda government having lost control over the Upper House but too fearful of annihilation at the polls to seek a mandate. Though immobilized, however, Fukuda faces the same direction as his predecessors.

| | Comments (0)

Michael Ledeen : Iran and the Problem of Evil

WSJ (07.06.2008).

参考のため、以下に転載しておきます。

Continue reading "Michael Ledeen : Iran and the Problem of Evil"

| | Comments (0)

Dinah Ribard : Foucault. La vérité en acte

Revue de Michel Foucault, Le Gouvernement de soi et des autres. Cours au Collège de France, 1982-1983, éd. établie sous la dir. de François Ewald et Alessandro Fontana, par Frédéric Gros, Paris, Gallimard / Le Seuil, « Hautes Etudes », 2008, 382 p., à la Vie des Idées (13.06.2008) :

Le bannissement du sophiste se retrouve dans Le Gouvernement de soi et des autres, lorsque Foucault revient, à la fin du cours, sur l’opposition platonicienne entre rhétorique et philosophie (leçons des 2 et 9 mars). La nouveauté de la « dramatique de la vérité », à travers la reprise de la même histoire, se trouve dans l’insistance qu’elle met à se dégager de toute pragmatique, de toute philosophie des actes de langage, et en vérité de toute philosophie du langage : la parrêsia n’est pas le performatif. A la place, ce sont les conditions d’une réflexion sur le discours comme événement, comme faire, comme action nécessairement située qui sont mises en place : on lira dans ce sens les propositions sur le « réel de la philosophie », sur le discours philosophique comme tâche, ergon, et non pas comme simple logos, p. 209 et suivantes. Il ne faut pas se hâter de déplorer que Foucault coupe ici l’analyse du discours de celle de ses conditions sociales et donc historiques, ni de remarquer que la liste des personnages susceptibles de faire l’objet d’une étude « dramatique » (« le prophète, le devin, le philosophe, le savant », p. 66) est constituée de figures pourvues d’un statut, donc que l’on peut renvoyer à une pragmatique. L’essentiel, dans ce cours où il apparaît pleinement, résolument et délibérément comme philosophe, se situe ailleurs, dans l’élan que la réflexion sur le « courage de la vérité » réussit à prendre, hors de l’« histoire des systèmes de pensée », vers une autre histoire possible, celle-ci sans clôture : une histoire de la pensée, de la parole, de la vérité en acte.

| | Comments (0)

Frédéric Gros : Les usages de Foucault

Revue de Philippe Artières et Mathieu Potte-Bonnevile, D’après Foucault. Gestes, luttes, programmes, Paris, Les Prairies Ordinaires, 2007, 374 p., 22 euros, à la Vie des Idées (13.06.2008) :

Ce livre, me semble-t-il, illustre à merveille le contenu des leçons prononcées par Foucault au Collège de France en 1983. On comprend à quel point Foucault n’est pas un philosophe politique, mais un penseur politique. La différence est de taille, et on le comprend à chaque page de ce livre. La philosophie politique consiste dans le déploiement d’une rationalité : il s’agit de déplier à propos de l’Etat, des collectifs ou des actions, leur logique rationnelle, ou d’exposer leur essence immuable par-delà la diversité des incarnations historiques. Foucault pourtant expose en 1983 l’idée que la philosophie n’a pas à absorber la politique, pour en déduire une réalité qui serait conforme à son essence, mais à construire sa propre réalité dans un rapport constant à la politique. C’est ce rapport d’extériorité combative, de corrélation vibrante qui se retrouve dans le livre. A chaque fois (à propos du droit, du contrôle, de la révolution), il s’agit de se demander, non pas ce qu’ils sont, mais ce que la pensée peut leur opposer comme jeu de vérité. C’est ainsi que ce livre à propos de Foucault, à partir de lui peut revendiquer une fidélité non aveugle (il ne s’agit pas de répéter une leçon, mais de réactiver un geste). Philippe Artières et Mathieu Potte-Bonneville seraient des héritiers actifs. Livre important donc, moins exactement au niveau du contenu de connaissances (même s’il témoigne de grandes qualités de compréhension de l’œuvre), qu’au niveau du style : témoignage d’expériences intellectuelles, tracé de possibilités de résistance… On retrouve partout cette compréhension par Foucault de la philosophie comme pratique : pratique de soi et construction de rapports qualifiés aux autres. Si la pensée est bien un exercice, Philippe Artières et Mathieu Potte-Bonneville proposent une série d’« essais », c’est-à-dire au fond des mises à l’épreuve de Foucault au tranchant de notre présent.

| | Comments (0)

Matthew Taunton : Perverted Politics

From New Statesman (12.06.2008) :

The alternative to transgression need not be a return to the dreaded - and often unfairly caricatured - Victorian morality. Actually, nobody is more dependent on these kinds of rules than the person who lives by breaking them, as Bataille himself realised, opposing the sexual revolution for this reason. And there are cases in oppressive societies where contravening laws and conventions is not just worthwhile, but the duty of the responsible citizen. But this is transgression as a means, and not an end in itself.

Those who dissent from the critical orthodoxy are labelled "conservative", as if being uninterested in cyborgs, pornography and vampirism were tantamount to a betrayal of socialist principles. Yet writers such as Terry Eagleton - a Marxist who bemoaned the ubiquity of PhD theses on "the literature of latex or the political implications of navel piercing" - or Ashley Tauchert, a feminist whose important new book, Against Transgression (Blackwell), debunks many of the myths around the subject, can hardly be described as figures of the right.

As Eagleton and Tauchert both argue, there is something narcissistic and deeply conservative about revelling in transgression. In Tauchert's words, to do so is "reactionary, impertinent, cowardly, stifling"

| | Comments (0)

Brian Masters : The real reason the Tokyo stabbings shock us

"Nihilistic vacuity", "moral absence" -- I wonder, how this element can be crystalized into destruction... In fact, I can't understand the offender's mind..

----

They are less than idiots, it seems to me.

----

Yomiuri Musings reads : "If you become weary of the world, you should depart it alone." Wow, Japanese number one newspaper promotes suicide.

----

Interview with Amamiya Karin on Japanese contingent workers, part 1 and part 2. Via Kikaka.

| | Comments (0)

Jorge Peña : Philippe Mengue, Peuples et identités

Revue de Philippe Mengue, Peuples et identités, Paris, Éditions de la Différence, 2008, 348 p., à Fabula Acta (02.06.2008) :

Avec le concept de ritournelle on peut donc voir reconnue par Deleuze l’idée que le territoire, le peuple comme ensemble ethnique, doté d’une langue et de moeurs déterminées, détenant des frontières dans l’espace, offrant une « Demeure », constitue une force « germinative », une force créatrice et une force de résistance. On conçoit que la position deleuzienne interdit à terme et en droit pour un peuple donné existant tout mode d’unité globale, toute stabilité et identité, toute possibilité d’assumer son passé, son histoire, ses « racines » en raison du procès incessant de minoration qui est toujours à effectuer, à recommencer. La société des citoyens devient un espace sur lequel la minorité créatrice agit depuis les « pointes de création », de déterritorialisation ou de résistance qui ont été dégagées et qui occupent une position de marginalité par rapport au corps politique des citoyens.

Et n’est-il pas étonnant de retrouver la question du clos à l’ouvert en passant par le natal et la ritournelle, en conclusion du livre de Philippe Mengue?

L’histoire avance comme une ritournelle et pour les peuples français et européens, les Grecs et les Latins en ont fourni le refrain, au service des oeuvres d’une différence profonde et créatrice. Le présent ne s’auto-fonde pas de lui-même dans une politique de re-commencement à zéro, entièrement tournée vers l’avenir, faisant du passé table rase. Le mouvement de la ritournelle est caractérisé par la reprise, ou la boucle qui vient enserrer le passé pour s’en alimenter, s’en servir comme d’un tremplin, et le porter plus loin.

L’identité du peuple est donc une identité toujours dérivée, ouverte et toujours à reprendre et à refaire. Tout peuple est une ritournelle, et comme tel, il est le lieu d’entrecroisement des forces de déterritorialisation ou de territorialisation, à la fois distinctes, opposées et inséparables. L’importance capitale de cette analyse est de rappeler contre les exigences souvent surmoïques de la déterritorialisation spirituelle et du nomadisme sans frontière.

| | Comments (0)

Annie Jourdan : Le Dix-huit Brumaire de Napoléon Bonaparte

Revue de Patrice Gueniffey, Le Dix-huit Brumaire. L’épilogue de la Révolution française, Collection « Les journées qui ont fait la France », Gallimard, 2008, 422 p., 24 Euros, à la Vie des Idées (28.05.2008) :

Patrice Gueniffey propose une nouvelle histoire du Dix-huit Brumaire, coup d’État par lequel Napoléon Bonaparte prit le pouvoir le 9 novembre 1799. Il voit dans cet événement « une manière un peu tendue de résoudre les crises graves de l’État » et dresse un parallèle avec la journée du 13 mai 1958 qui mit fin à la IVe République. Annie Jourdan, spécialiste de l’Empire, discute ici les interprétations avancées par l’auteur sur les liens entre Napoléon et la Révolution française et sur la légitimité de ce coup d’État.

| | Comments (0)

Paint It Orange

A news letter and photos.

| | Comments (0)

Bruce Wallace : A Japanese craftsman's one-man Olympic boycott

He's right, Mr. Tsujitani :

TOKYO -- Masahisa Tsujitani is getting a lot of attention these days for a man who has spent much of the last 40 years bent over a lathe in a garage workshop, where amid the sharp smell of burnt oil and iron he grinds out some of the finest 16-pound shots ever tossed by Olympic athletes.

But Tsujitani's cheerful face is showing up on Japanese television and in newspapers not because of what he does, but because of what he is refusing to do. After four Olympics in which his finely grooved iron balls were the shots of choice for most medalists, this Tokyo craftsman has told Chinese Olympic officials they will not be receiving any of his products at this summer's Beijing Games.

"This is a personal statement about my pride as a craftsman and how my work is used," said the fit 74-year-old, standing in his home's low-ceilinged garage surrounded by drill bits, the detritus of shorn metal and cardboard boxes filled with polished shots.

"I feel badly for the athletes who won't get to use my shots, but after Tibet I know I'm right," he said last week. "Enough is enough."

And I hope that French athletes will hold high the "Pour un monde meilleur" badge.

| | Comments (0)

Béla Egyed : Nietzsche's anti-democratic liberalism

From Eurozine (08.04.2008) :

While Nietzsche was an enemy of populism and egalitarianism, he was also an enthusiastic supporter of the struggle for liberty; his perfunctory endorsement of existing institutions sits alongside a proto-politics of drives and intensities. A Nietzschean politics is less a critique of political events so much as a diagnosis of the forces and tendencies driving them – and therein lies its liberalism, writes Béla Egyed.

| | Comments (0)

Philippe Pons : La France redécouvre le Japon

Transcrit du Monde (10.04.2008) :

En apparence, le moment n'est pas le plus opportun pour la visite au Japon du premier ministre, François Fillon - la première en dix ans d'un chef de gouvernement français. Son homologue Yasuo Fukuda est paralysé, sa popularité au plus bas et le moral des entrepreneurs décline. La morosité de la situation de la seconde puissance économique du monde a été récemment épinglée par The Economist avec un titre, "Japain", stigmatisant un "Japon qui ne s'en sort pas". Au-delà de la conjoncture difficile de l'Archipel, la visite que M. Fillon devait commencer jeudi 10 avril peut être le signe que le charme des visites d'hommes politiques à Pékin s'épuise et qu'il convient de se réintéresser à des "valeurs sûres" : le Japon ou la Corée du Sud (9e économie du monde).

Continue reading "Philippe Pons : La France redécouvre le Japon"

| | Comments (0)

Philippe Pons : Regard froid sur la Corée du Nord

Revue de Claude Helper, Qui a peur de la Corée du Nord ? (L'Harmattan), au Monde (29.02.2008) :

Le titre est provocant. La Corée du Nord fait l'unanimité contre elle. C'est le "Mal" absolu. C'est aussi un pays parmi les plus mal connus en raison de sa fermeture, mais aussi des moins étudiés : ce qui autorise des jugements à l'emporte-pièce et des condamnations souvent justifiées, mais qui, en confortant de bonne conscience notre ignorance, semblent dispenser de tout effort d'analyse.

Le mérite du livre de Claude Helper, documenté et balancé, tient au regard froid qu'il jette sur la saga nucléaire nord-coréenne. L'auteur fait la chronique précise et détaillée de la crise déclenchée en octobre 2002 par l'administration Bush qui a conduit en 2006 à l'apparition d'une nouvelle puissance nucléaire. Son travail, qui s'étend jusqu'à l'automne 2007, permet de replacer les questions sur lesquelles buttent les négociations en cours, dans le contexte d'enjeux plus complexes que la vulgate manichéenne ne le donne à penser.

Dans cette crise, les Européens ont suivi aveuglément Washington sur une voie qui a conduit, selon Charles L. Pritchard, l'un des rares diplomates américains ayant une longue habitude de traiter avec Pyongyang, à une "faillite diplomatique" - Failed Diplomacy, the Tragic Story of How North Korea got the Bomb (Brooking Institution Press, 2007). L'enchaînement des faits recueillis et analysés par Claude Helper le confirme : "Au cours d'années de palabres, d'insultes, de mensonges, de menaces et de négociations (...), Pyongyang a eu le temps de perfectionner ses lanceurs, de fabriquer des bombes et d'en tester une..."

| | Comments (0)

Timothy Noah : Fathers and Sons

Review of Jacob Heilbrunn, They Knew They Were Right : The Rise of the Neocons (Doubleday), at The NY Times (13.01.2008) :

From both Steinfels and Heilbrunn, we learn that neoconservatism was the final stop of an ideological journey for a group of New York intellectuals, typically the children of Jewish immigrants, that began during the early 1940s in Alcove 1 of the cafeteria at City College. Alcove 1 was the gathering place for a group of brilliant young Trotskyists that included Irving Kristol, Seymour Martin Lipset, Nathan Glazer and Melvin Lasky. Along with Irving Howe, who would later break with Trotskyism but not with the left, and Daniel Bell, who never accepted Marxist orthodoxies in any form, the Alcove 1 Trotskyists waged intellectual battle with the Stalinists in Alcove 2, who vastly outnumbered them.

Coaxed by a diverse group of thinkers that included Sidney Hook, Reinhold Niebuhr and Samuel M. Levitas, known as Sol, the veterans of Alcove 1 eventually drifted away from Trotskyism, becoming stalwarts of the anti-Communist left, where they were joined by Norman Podhoretz, then a young literary scholar. With the advent of the cold war, the proto-neocons pushed for a hard line against the Soviet Union, sometimes harder than that of anti-Communist liberals like Arthur Schlesinger Jr. and George F. Kennan; few if any of them expressed concern when they discovered that Encounter, a magazine that Irving Kristol co-founded in 1952, was secretly underwritten by the Central Intelligence Agency. The student radicalism of the late 1960s disillusioned proto-neocons about the left; George McGovern’s landslide defeat in 1972 disillusioned many of them about mainstream liberalism and the Democratic Party; and after Ronald Reagan entered the White House in 1981, a number of them stopped resisting the “conservative” label, joined the Republican Party and began to exercise power.

| | Comments (0)