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Kevin Bazzana, Lost Genius

Michael Dirda's review of Kevin Bazzana, Lost Genius : The Curious and Tragic Story of An Extraordinary Musical Prodigy, Carroll & Graf. 383 pp. $28., at Washington Post (14.10.2007) :

Ervin Nyiregyhazi -- pronounced, we are told, " air-veen nyeer-edge-hah-zee" -- was born in Budapest of Jewish ancestry. He took to the piano at an age when most of us are still figuring out how to blow a whistle or beat two sticks together. "By age six, his large repertoire included Haydn and Mozart sonatas, Beethoven's Path¿tique, Schumann's Kinderszenen and Papillons, Grieg's Lyric Pieces, and short pieces by Chopin, Mendelssohn and Liszt." The young Nyiregyhazi was also a passionate reader, and he devoured "Dante, Dostoevsky, Goethe, Heine, Schiller, Shakespeare, Shelley, the ancient Greeks," as well as Hungarian authors. He possessed perfect pitch, could memorize a piece just by playing it through a few times, and even in his 80s claimed to know at least 3,000 compositions by heart. From childhood till his death, he also composed piano music in the way that many of us might keep a journal -- as a record of his life, emotions and ideas.

Nyiregyhazi gave his first public concert when he was just 6; by the age of 10, he had been proclaimed another Mozart and was the subject of a book-length study by a psychologist specializing in child prodigies. Those who listened to the wunderkind during his wonder years included Franz Lehar, Giacomo Puccini, Engelbert Humperdinck, Richard Strauss, Bela Bartok, the Prince of Wales and most of the Hungarian nobility. At the age of 12 the still precocious Nyiregyhazi fell under the spell of Liszt. As a result, says Bazzana, "he developed a taste for serious, heavy, brooding music, and his piano style now became more Lisztian: he came to love deep sonorities and slow tempos, and began to plumb new depths of expression."

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Olivier Belin : L’esprit de contradiction

Revue de Christine Dupouy, Jour et nuit de René Char, éd. Le Manuscrit, « Essais et documents », 2007 (2 t., 245 et 392 p.), à Fabula Acta (14.10.2007) :

Jour et nuit de René Char est la réédition, avec quelques modifications et enrichissements, d’une monographie que Christine Dupouy avait fait paraître en 1987 aux éditions Belfond, sous le simple titre de René Char. Pourquoi « jour et nuit » ? Parce que, selon l’auteur, cette métaphore traduit une structure d’opposition et de tension fondamentale chez Char, visible tant sur le plan de l’écriture, qui oscille sans cesse entre clarté et obscurité, que sur celui du rapport à l’Histoire, Char étant passé de l’action collective au retrait solitaire. Plus profondément, C. Dupouy voit dans le couple jour/nuit un « emblème de la dialectique, moteur de l’œuvre de Char » (avant-propos, p. 10). C’est pourquoi les deux tomes du livre, loin de correspondre l’un au jour et l’autre à la nuit, s’attachent au contraire à mettre en valeur le battement incessant de la poésie charienne entre voilement et dévoilement, entre transparence et opacité – d’abord sur la question du rapport à l’origine, ensuite sur le plan de l’écriture et de la réflexion métapoétique qui l’accompagne.

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Robert Maggiori : L’ire se fait rare

Revue de Peter Sloterdijk, Colère et Temps, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, Maren Sell, 380 pp., 22 euros., à Libération (18.10.2007) :

La colère héroïque n’est pas «la sainte colère dont parlent les sources bibliques» : elle n’est ni «l’indignation du prophète face à l’abomination antidivinité» ni la «colère de Moïse qui brise les tables de la loi pendant que le peuple s’amuse avec le veau», et «a peu de points communs avec celle de Yahvé, du dieu précoce, encore relativement peu sublime, celui des orages et du désert, qui avance comme un “Dieu haletant” devant le peuple de l’exode et détruit ses persécuteurs par les tempêtes et les inondations». Si on chante la colère d’Achille – «avec laquelle tout a commencé dans le vieil Occident» –, c’est qu’elle est par elle-même de «nature supérieure», qu’il faut donc la «rendre mémorable», la rapprocher de ce qui «impressionne» et de ce à quoi on doit «vouer durablement une haute estime». Achille est «empli de colère, de la même manière que le pôle Nord est gelé, l’Olympe entouré de nuages et le mont Ventoux balayé par les vents». Aussi, à la chanter, célèbre-t-on «une énergie qui libère les hommes de la torpeur végétative» ou l’élève-t-on «au rang de substance dont est fabriqué le monde».

Qu’est devenue, ensuite, cette «grande colère», quand et pourquoi a-t-elle été expulsée de la culture au profit de vertus plus sages, de modération et de maîtrise de soi, quand, pourquoi, à quelles fins a-t-elle été périodiquement revitalisée et récupérée jusqu’à faire converger ses flux brûlants en une «banque de vengeance métaphysique», une accumulation primitive de forces révolutionnaires ou une «banque mondiale de vengeance» politique ?

Tel est le point de départ de la réflexion que Peter Sloterdijk livre dans Colère et Temps,Zorn und Zeit fait écho au Sein und Zeit de Heidegger – la structure temporelle du Dasein étant ici remplacée par une sorte de «structure thymotique»,où le Dasein, être-pour-la-mort, n’a pas, lorsqu’il se met en fureur, la «forme d’une avancée vers sa propre mort», et peut être interprété comme parcourant le trajet qui va «de la vexation à la vengeance». Si l’on sait la «présence» du philosophe de Karlsruhe dans les débats contemporains, on devine que son étude de l’ire ne se borne pas à Homère : dans Colère et Temps, il est aussi bien question de l’Albanie que de l’islam, des thérapies de l’âme et de la psychanalyse, de la Révolution française, de la religion, du militantisme, du communisme, du capitalisme, de l’écologie, de la mondialisation – bref de «la situation psychopolitique actuelle du monde».

dont le titre original,

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Interview with Daisuke Tengan

Nobuko Tanaka's report at The Japan Times (18.10.2007) :

Why did you decide to direct a play?

Theater is the mother of movies and photography is the father. I always wanted to explore theater and to work with stage actors. In theater, the director works with all the actors from beginning to end, but in film, the director normally works with each actor in patches. I wanted to work with them over a long period.

Why did you choose [Yasmina Reza's] "A Spanish Play"?

I could have written my own original play if I'd wished to, but as I wanted to do the real work of a theater director, I decided to take on someone else's work and, moreover, a foreign-language play so that I couldn't easily alter the text. If it was originally written in Japanese, I'd probably change it into my style; and if it was my own play I wouldn't be able to clearly evaluate my ability as a director. Also, I was looking for a well-structured play that does not relate to Japan.

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Alain Beuve-Méry sur Richard Seaver

Du Monde (16.10.2007) :

Francophile, Dick Seaver avait invité les responsables des principales maisons françaises (Gallimard, Le Seuil, Albin Michel, Robert Laffont). "Paul Flamand (cofondateur du Seuil) et Claude Gallimard ont été de vrais modèles pour moi", précise-t-il. Si l'essentiel de sa carrière s'est passé à New York, il est français de coeur. Il a épousé une violoniste française. Dans les années 1950, étudiant à la Sorbonne, il a rédigé une thèse sur James Joyce. A Paris, il a fondé la revue de littérature en langue anglaise Merlin, dans laquelle il a écrit ses premiers articles sur Samuel Beckett. La rencontre avec l'auteur d'En attendant Godot a été un des chocs de sa vie. A cette époque, il s'était attelé à la traduction de deux nouvelles de l'auteur irlandais, L'Expulsé et La Fin. "Une folie pure ! Samuel Beckett a gentiment accepté de revoir la traduction avec moi, et tout ce que j'ai appris sur ce métier, c'est de lui que je le tiens", dit-il, aujourd'hui.

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Jean-Pierre Thibaudat : Amoureux du théâtre, connaissez-vous Charles Dullin?

Un bel essai à Rue89 (16.10.2007). Je ne le connais bien mais Hisao Jûran (écrivain japonais) était son apprenti avant guerre. Dullin => Jûran.

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Denis Saint-Amand : Le je est à réinventer

Revue de Seth Whidden, Leaving Parnassus. The Lyric Subject in Verlaine and Rimbaud, Amsterdam – New York, Rodopi, coll. « Faux Titre », 2007, 230 p., à Fabula Acta (09.10.2007) :

Prises de position capitales pour l’Histoire de la poésie dix-neuvièmiste, les ruptures coïncidentes de Paul Verlaine et d’Arthur Rimbaud avec la veine parnassienne constituent le point de départ d’une parcelle de trajectoire biographique et poétique commune aux deux poètes. Il est généralement admis que cette scission a permis à Verlaine et Rimbaud d’insuffler à la poésie un souffle et un esprit nouveaux, certes décelables dans l’argument des textes des auteurs, mais particulièrement perceptibles dans la forme de leurs productions respectives. Avec cet essai, Seth Whidden entend interroger une problématique connexe encore peu traitée : la réaction de Verlaine et de Rimbaud à la poésie des parnassiens s’observe également dans les différents traitements que réservent les deux dissidents, chacun à sa façon, au « je », sujet lyrique du texte.

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Donald Rich : Nagai Kafu's geisha

Review of Naai Kafu, Rivalry : A Geisha's Tale, trans. by Stephen Snyder, Columbia Univ. Press, 2007, at The Japan Times (14.10.2007). A new translation of Udekurabe :

The complications of publishing in Japan are mirrored in the novel's career abroad. It was originally translated in 1963 by Kurt Meissner, with the collaboration of Ralph Fiedrich, but the edition used was the expurgated one of 1918. Then parts of the original edition were translated in Edward Seidensticker's magisterial "Kafu the Scribbler" (1965), but only parts — he never translated the entire novel. So this new Stephen Snyder translation is the first to appear complete. The qualities of the translations vary:

"Picking their way along the stepping stones, the two were at length in the far shrubbery. O-chiyo shielded the lantern with her sleeve and held her breath, but the Sonohachi [music] had stopped, and there was only a faint shadow on the paper door. The old villa was silent." (Seidensticker)

"Following the stepping-stones, they made their way into the underbrush. O-Chiyo shielded the lantern with her sleeve and held her breath, but the Sonohachi music died away, leaving only the faint light shining through the paper doors of the veranda. They could hear nothing, no voices, no laughter, only the desolate silence." (Snyder)

"Picking their way from one stepping-stone to another, the two of them shortly entered the thick shrubbery. Ochiyo, concealing the lantern behind one of her kimono sleeves, held her breath. Just then, the Sonohachi music came suddenly to an end, and after that there was nothing but the faint light shining through the paper doors of the veranda. A lonely silence had come over the villa, and there was neither the sound of talk nor of laughter nor of anything else." (Meissner/Friedrich)

The novel was something of a best-seller when it appeared, with passages such as "when she finally escaped from his embrace, she was breathing great gasps, she could scarcely speak, and she had no will to get up" (Seidensticker's translation). This was considered really hot stuff in 1918, tame as it appears now.

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