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Dave Mason, "All Along the Watchtower"

Latest performance (April 5) of Dave Mason with ABB. Video quality is not that good and his face isn't discernible but no doubt Dave Mason plays!!! As for this song, I prefer Mason's version to the original Dylan's and Hendrix'. In addition, I love the best his solo part in Jim Capaldi's "Don't Be a Hero".

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Et la Renaissance créa l'art

Elisa de Halleux sur Edouard Pommier, Comment l'art devient l'Art (Gallimard, 540 p., 45 €), au Figaro (21.06.2007) :

Comment l'art devient l'Art dans l'Italie de la Renaissance : il ne s'agit pas ici d'une histoire de l'art qui envisagerait les oeuvres à partir du contexte culturel, politique et socio-économique de l'époque, ni d'une histoire des artistes, de leurs ambitions et de leurs désirs, de leurs trajectoires personnelles. Il s'agit bien plutôt de l'histoire du « cortège » qui, à l'image du catafalque de Michel-Ange, entoure et accompagne le développement de la production artistique - autrement dit, de l'invention « d'un ensemble complexe de textes et d'images, de monuments et d'institutions, [...] qui envahit les marges du fait artistique proprement dit et qui aide les contemporains à reconnaître sa spécificité ». Car l'art ne s'incarne pas seulement dans une fresque, un retable, un groupe sculpté. « L'art, c'est aussi, parfois, une valeur ajoutée aux oeuvres d'art et à leurs créateurs. » Cette transformation de l'art en Art s'élabore à travers un ensemble de phénomènes parallèles. En plaçant Giotto parmi les hommes illustres de la cité de Florence, Boccace reconnaît aux artistes le statut d'acteurs essentiels de l'histoire. Ce changement se prolonge au quattrocento par l'éclosion d'un discours sur la création artistique. C'est à cette période qu'apparaissent les premières biographies d'artistes, tandis que, grâce à l'humaniste et architecte Alberti, naît la théorie des arts. Le peintre est désormais défini comme un savant, détenteur d'une vaste culture, et les arts plastiques, longtemps relégués du côté des arts dits « mécaniques », sont peu à peu élevés au rang d'arts libéraux. Au XVIe siècle enfin, l'artiste et écrivain toscan Vasari s'adonne, dans ses Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes italiens, à la tâche colossale d'écrire l'histoire des artistes italiens. Ce faisant, il désire surpasser Pline l'Ancien, qui avait, lui, retracé l'évolution de la peinture et de la sculpture grecques. L'histoire de l'art est bien « une renaissance à l'intérieur de la Renaissance ».

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Maggiori : «Ta Felicitas»

De Libération (21.06.2007), Robert Maggiori sur Gretel Adorno, Walter Benjamin, Correspondance 1930-1940 (Edition établie par Christophe Gödde et Henri Lonitz, traduit de l'allemand par Christophe David, Le Promeneur/Gallimard, 414 pp., 26,50 €) :

A une missive près (datée de 1930), la Correspondance entre Walter Benjamin et Gretel Karplus ­ qui après quatorze années de «fiançailles» allait devenir Madame Adorno en 1937 ­ couvre presque toute la période de l'exil de Benjamin, auquel Gretel, sentant peut-être plus que lui l'imminence du danger, l'a d'ailleurs poussé. Cette Correspondance , disons-le d'emblée, est exceptionnelle, même si elle ne peut remplacer celles que Benjamin a échangées avec Theodor Adorno ou Gershom Scholem. Benjamin compare lui-même ses correspondants à un orchestre, et désigne Gretel comme son «premier violon» . Gretel signe ses lettres «votre amie Felicitas», «Felicitas», «ta Felicitas» ­ personnage d'une pièce de Wilhelm Speyer à l'écriture de laquelle Benjamin avait collaboré. Elle appelle son correspondant «Cher Walter Benjamin» , «Cher Walter» , et, par la suite, «Cher Detlef» (Benjamin, pour ses travaux paraissant en Allemagne, utilisait le pseudonyme de Detlef Holz). Les premières lettres de Benjamin sont adressées à «Chère mademoiselle Karplus» , les autres à «Chère Felizitas» , avec un z . Durant la période de cet échange épistolaire, l'écrivain se trouve à Ibiza, puis séjourne à plusieurs reprises sur la Côte d'Azur, à San Remo, au Danemark, ­ où il est l'hôte, à Skovsbostrand, de Bertolt Brecht­ et, surtout, à Paris. Une lettre est envoyée de Nevers : à la déclaration de guerre, juif déchu de sa nationalité allemande, Benjamin est interné dans un camp de travailleurs volontaires, au clos Saint-Joseph, à Nevers, d'où une intervention d'Adrienne Monnier et de Jules Romains parviendra à le libérer. La dernière est postée à Lourdes.

La Correspondance permet de découvrir ce qui intéressait Walter Benjamin. Et cela se dit d'un mot : son travail. Il parle avant tout de livres, de ses livres et de ses articles, de ce qu'il prépare, de ce qu'il lit, des documents dont il a besoin pour telle ou telle recherche. Aussi autorise-t-il qu'on pénètre son univers intellectuel, qu'on en «touche» presque tous les fragments dont il est fait, littéraires, philosophiques, esthétiques, sociologiques, et, en même temps, qu'on se rende compte de l'extrême vitalité de la vie culturelle en Allemagne, avant que le nazisme ne contraigne ses principaux protagonistes à l'exil. Il fait souvent allusion à son dénuement ­ il manque même de papier ­ à sa solitude, aux difficultés en tout genre qu'il connaît ­ ouvrant parfois pudiquement son âme : «Les choses pourraient t'être parfois un peu plus faciles si tu savais sous quelle forme de fleur exotique et résistante au froid tu figures sur mon arbre de vie qui a perdu presque toutes ses feuilles» ­ mais tous les aléas de son existence coïncident avec la possibilité ou l'impossibilité de travailler. «Si je reviens à moi, c'est à toi que je le dois. Et "à moi" signifie seulement encore à mon travail.»

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Zizek : Métaphysique du sarkozysme

Le Nouvel Observateur a un entretien court avec Slavoj Zizek sur son livre Le Sujet qui fâche (Flammarion) :

N. O. - Les seuls penseurs français que vous preniez en compte dans ce livre, Alain Badiou, Jacques Rancière ou encore Etienne Balibar, sont justement ceux qui se voient fréquemment suspectés en France de passer outre les leçons de l'antitotalitarisme ...

S. Zizek. - Ce sont pourtant les seuls qui soient pris au sérieux aujourd'hui au niveau mondial. [ Rires. ] Mais cette méfiance est assez explicable : l'idéologie dominante aujourd'hui, c'est le matérialisme démocratique. Tout le monde prend Fukuyama pour un crétin d'Amérique, mais tout le monde au fond pense comme lui que la formule politique indépassable a été trouvée et que plus rien ne se passera « vraiment ». Il est donc logique que des penseurs qui offrent enfin les moyens théoriques de commencer à rebâtir un universalisme engagé ne soient pas nécessairement acclamés.

N. O. - Il serait donc désormais possible de sortir de ce cercle postidéologique , des décennies durant, la pensée est restée prise ?

S. Zizek. - Les deux fronts ennemis sont clairement identifiés en tout cas. D'un côté, un matérialisme extrêmement vulgaire qui tend à naturaliser le capitalisme. Un courant en passe d'envahir toute la pensée anglo-saxonne. De l'autre, le postmodernisme à la Derrida, c'est-à-dire la destitution de toute référence possible à quelque vérité transcendante que ce soit. Contre ces deux versants opposés d'un même néant idéologique, il s'agit de retrouver confiance en l'émancipation par l'universel. A la suite de Deleuze, je dirais ainsi que notre tâche la plus urgente est de redécouvrir l' « innocence de l'universel ».

Et aussi voir "Deleuze's Platonism : Ideas as Real" et "Deleuze and the Lacanian Real".

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Amos Garrett, "Sleepwalk"

Who invited this Telecaster virtuoso to Japan? A great job!!!

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"Maneater"

I love this video.

Here is Hall & Oates' original. 25 years have passed but I somtimes listen to their "H2O" album (vinyl, not CD).

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The passion, excesses and fun of Edo — in color

Wayne Crothers reviews Rebecca Salter, Japanese Popular Prints (A & C Black), at The Japan Times (17.06.2007) :

Rebecca Salter, an accomplished woodblock artist herself, gives an insightful description of the development of Japanese woodblock printing — from its black-and-white Buddhist origins to the golden age of ukiyo-e in the 19th century — and enlightens us with details of the important publisher-artist-carver-printer relationship. She goes on to introduce us to Edo society, its passions, social excesses, censorship laws and, most importantly, its love for play on all levels from lighthearted children's games and frivolous popular indulgences to complex visual parodies and social satire.

The West all too often considers only the "play" of children. In Japan, however, even to this day, "play" can be seen as an art form in itself. This concept, combined with visual sophistication, a high level of literacy and beautiful polychrome printing for the masses, gave birth to an amazing descriptive array of visual pleasures.

These prints were of a type never seen before and many of them have never since been reproduced for a contemporary foreign audience.

Rebecca Salter's web site.

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Beckett, l'incroyable racinien

Par Michel Lapierre au Devoir (17.06.2007). Sur Brigitte Le Juez, Beckett avant la lettre (Grasset, 2007) :

On doit à Brigitte Le Juez un petit livre précieux, Beckett avant la lettre, qui permet de percer le mystère et de mieux comprendre la pensée littéraire du novateur. La spécialiste de l'oeuvre de Samuel Beckett (1906-1989) s'appuie en particulier sur les notes de Rachel Burrows, qui a suivi un cours de littérature française donné, en 1931, par l'écrivain irlandais, issu du protestantisme, au Trinity College, la prestigieuse université dublinoise fondée par les anglicans.

«Ce qui intéresse Beckett avant tout, dans le théâtre de Racine, c'est que peu de choses s'y passent», explique Brigitte Le Juez. Cela reflète parfaitement l'idée que Racine lui-même exprime dans la préface qu'il joint à Bérénice, sa tragédie de 1670. Il écrit: «Toute l'invention consiste à faire quelque chose de rien... » Brigitte Le Juez s'empresse de rapprocher la formule d'une autre que Beckett emploie dans le roman Malone meurt: «Rien n'est plus réel que rien.»

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