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Lila Azam Zanganeh : traduire sans trahir

Revue de Dire presque la même chose. Expériences de traductions d'Umberto Eco. Traduit de l'italien par Myriem Bouzaher, Grasset, 464 p., 22,50 €., au Monde (13.09.2007) :

La main du traducteur est-elle transparente ? Sans doute, si tant est que la traduction se contente de "dire la même chose dans une autre langue". Or, dans ses innombrables expériences de traductions relatées dans Dire presque la même chose, Umberto Eco installe l'enjeu philosophique de l'exercice dans cet adverbe, "presque", subrepticement glissé dans le titre et pourtant si crucial.

C'est sur un "ton de conversation", dans le cadre d'un propos qu'il annonce à rebours de tout systématisme, qu'Umberto Eco se lance dans la rédaction d'un étonnant livre ouvert. Non pas une "théorie de la traduction", mais une série illustrative issue en grande partie de ses expériences personnelles. Car Eco a lui-même consacré plusieurs années à la traduction italienne de Sylvie de Gérard de Nerval et des Exercices de style de Queneau. Il a, comme éditeur chez Bompiani, supervisé et corrigé les traductions de centaines de livres. Et surtout, il a été traduit, dès la parution du Nom de la rose en 1980, dans plus de trente langues. Pour toutes celles qu'il connaissait peu ou prou, Eco a travaillé en collaboration avec ses traducteurs. De bons traducteurs, déclare-t-il, peuvent expliquer à l'auteur certains problèmes de traduction, y compris dans les langues qu'il ne connaît pas. L'auteur, à son tour, "suggère" alors quelques libertés afin de "contourner l'obstacle", que ce soit en russe, en hongrois ou en japonais.

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